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Ma tante glisse toujours une préparation de goûter sous sa mousse au chocolat et ce n’est pas pour faire joli
Un savoir qui se perd : ce que les cuisiniers italiens fouettent dans leur crème de courgette avant d’y jeter les gnocchis
Ma voisine savoyarde fait toujours cuire ses crozets avant de les enfourner et ce n’est pas par habitude
Ma tante n’a jamais mis de fromage dans sa quiche lorraine et ce n’est pas un oubli
Ma mère glissait toujours un fruit en dés dans ses muffins au chocolat et ce n’était pas pour le goût
Ma grand-mère caramélisait toujours ses dernières figues d’octobre et ce n’était pas pour une tarte
Je ratais toujours les marbrures de mon gâteau jusqu’au jour où j’ai changé l’ordre des deux pâtes dans le moule
Je ne savais jamais quoi faire des soirs pressés : le jour où j’ai tout jeté dans une seule cocotte, mon chili a changé
J’ai laissé mon lapin mijoter deux heures dans le vin blanc sans rien surveiller : ce que j’ai retrouvé sous le couvercle m’a bluffée
Je croyais qu’il fallait un thermomètre et trois heures : ces bouchées de Bahia m’ont demandé une casserole et vingt minutes
Je ratais toujours mon curry japonais jusqu’au soir où j’ai changé l’ordre de deux gestes dans la casserole
« Je n’avais jamais vu du chou-fleur aussi fondant » : cette poêlée au parmesan a détrôné mon riz du dimanche
Je ratais toujours mon gâteau aux pommes jusqu’au jour où ma tante m’a montré ce qu’elle versait sur le dessus avant le four
J’ai fait bouillir mes choux de Bruxelles toute ma vie jusqu’à ce qu’un chef me montre ce qu’il mettait sous les siens au four
« Elles fondent sans jamais coller » : mes gnocchi crémeux aux figues caramélisées et speck croustillant de fin septembre
Ma belle-sœur glisse toujours un pot du rayon frais dans sa pâte à babka et ce n’est pas pour le goût
